Bonjour à toutes et tous,
Avec le lancement récent de la forge open source néerlandaise basée sur Forgejo, et les réflexions en cours à la DINUM sur une forge publique interministérielle, c’est le bon moment pour creuser collectivement la question : quelle architecture de forge correspond vraiment aux besoins d’une forge publique ouverte aux citoyens, aux entreprises, et aux contributions extérieures ?
Le contexte
Les Pays-Bas viennent de soft-launcher leur plateforme nationale de code open source (lien), et en France, la discussion avance : forge d’infra, forge privée sur GitLab ou Forgejo, et pour la forge publique interministérielle, un travail de coordination est à prévoir (notamment au Conseil logiciels libres).
La distinction est importante : une forge publique n’est pas une forge interministérielle.
Une forge publique a vocation à accueillir des contributions venant de l’extérieur de l’administration, comme des citoyens, la société civile, les entreprises, ou d’autres gouvernements. Cela change radicalement les exigences en matière d’identité, de gouvernance et de passage à l’échelle.
Ce qui est intéressant avec Forgejo, c’est son orientation vers la fédération : pouvoir ouvrir les contributions extérieures sans avoir à gérer leurs comptes en central. Une forge publique sans fédération, c’est potentiellement une forge qui reste fermée sur elle-même et qui est donc vouée à l’échec dans sa mission d’ouverture.
Une piste à explorer : Tangled, construit sur AT Proto
J’aimerais qu’on creuse ensemble une alternative moins connue : Tangled, une forge git construite sur AT Protocol (le protocole ouvert derrière Bluesky).
Ce qui m’interpelle dans cette approche pour une forge publique :
- Identité portable et décentralisée : chaque contributeur·rice possède son identité, indépendamment de la forge, ce qui est particulièrement adapté à un public extérieur à l’administration
- Passage à l’échelle « by design » : AT Proto est pensé pour des réseaux à grande échelle avec indexation distribuée, ce qui pourrait mieux répondre aux ambitions d’une forge ouverte au grand public
- Effets de réseau complémentaires : soutenir une forge sur AT Proto, c’est aussi soutenir l’écosystème de réseaux sociaux décentralisés en cohérence avec les valeurs du numérique public
- Interopérabilité potentielle avec d’autres outils construits sur le même protocole
La question qui se pose : est-ce que cette approche est suffisamment mature pour un déploiement institutionnel à vocation publique ? Quels sont les risques, les manques, les forces ?
Ce qu’on cherche
On fait appel à votre expertise sur plusieurs angles :
- Technique : comparaison des modèles de fédération (ActivityPub/Forgejo vs AT Proto/Tangled), maturité des projets, gouvernance
- Institutionnel : quelles contraintes spécifiques aux administrations publiques ? souveraineté des données, hébergement, conformité
- Stratégique : vaut-il mieux converger sur Forgejo avec le mouvement européen en cours, ou explorer des alternatives à plus long terme ?
- Retours d’expérience : est-ce que certains d’entre vous ont déjà expérimenté Tangled ou contribué à des projets AT Proto ?
Toutes les perspectives sont bienvenues, y compris celles qui nous diraient qu’on fait fausse route ! ![]()